01-03-2018 | Ref : 447 | 1651 |

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PREMIERE MOUTURE DU BREVET DE « COMBAT DU GENIE EN ZONE URBAINE » POUR LE 1er REG

Dans le cadre de la spécialisation de la 4ème compagnie de combat du génie du 1er REG au combat en zone urbaine, la section du lieutenant dB a participé au premier stage de « brevet de combat du génie en zone urbaine ». Il s’agissait pour les stagiaires, non seulement de maîtriser l’ISTC AZUR, mais surtout de maîtriser et restituer les savoir-faire propre aux techniques de combat du génie en zone urbaine. Ce brevet s’est déroulé en deux temps, le travail de l’ISTC dans un premier temps, puis le travail sur les techniques et tactiques de combat du génie.

Un premier passage concluant au CTZUB

Après une forte préparation au tir menée par les cadres de la section et de la cellule tir, les Dragons de la 4 se sont rendus au Centre de Tir en Zone Urbaine (CTZUB) pour y parfaire leur technique. Cette infrastructure installée à Sissone aux abords du CENZUB permet d’effectuer des tirs en milieu urbain à balles réelles.

Après une évaluation sur le niveau en tir et la maîtrise de la sécurité, les légionnaires ont été formés aux différentes techniques de déplacements et de neutralisations d’ennemis en zone urbaine. La formation théorique et pratique a fait place aux tirs à balles réelles. Des ennemis se dévoilent face aux ouvertures de manière à ce que les légionnaires soient intégrés dans un scénario le plus réel possible, mais gare aux cibles civiles qui se cachent dans le bâti et qui mettent à rude épreuve la concentration des tireurs.

De même, des tirs en espace clos sont programmés. Les légionnaires ont donc pu tirer en réel dans des pièces de bâtiments meublées sur des ennemis retranchés. Une mise en situation de stress est réalisée par une ambiance sonore de combats et des effets de luminosité afin de déstabiliser les stagiaires. De même, la section a effectué des tirs à très courte distance sur des cibles après une pénétration énergique et brutale dans la pièce où les ennemis étaient retranchés.

Sont aussi planifiés des tirs depuis des espaces confinés tels que des buses ou des soupiraux ainsi que depuis des véhicules à l’arrêt ou en déplacement. Des instructions sur l’enchainement des feux après jet de grenade dans des bunkers ont également été organisées par les instructeurs.

La rotation s’est achevée par une synthèse des connaissances en combat AZUR de chaque légionnaire. Les épreuves étaient composées d’une restitution de tir en ruelle ainsi qu’en bâtiment clos, via la saisie pièce par pièce d’une maison truffée d’adversaires. Le pourcentage de réussite lors de cette synthèse a oscillé entre 80% et 95% de restitution, cela a donc été une avancée déterminante dans l’instruction au combat urbain de chaque dragon.

Enfin pour clore la rotation, un combat section a été mené sur toutes les installations du site du CTZUB. Les légionnaires de la 4ème compagnie ont donc pu patrouiller en VAB en ville et tirer depuis les trappes et à l’arme collective. Il leur a aussi fallu prendre d’assaut un bâtiment, riposter depuis les ouvertures et combattre dans une tranchée réelle. Cette manœuvre section s’est terminée par la prise de force d’un camp de rebelles par un groupe d’assaut, appuyé par leurs camarades depuis les hauteurs des bâtiments.

Cette rotation a été un réel succès et a permis à chacun de muscler ses connaissances en combat urbain. La maîtrise de l’ISTC AZUR était le prélude fondamental à l’instruction qui allait suivre.

Détection et effraction

La zone urbaine est la zone par excellence de la valorisation du terrain, du piègeage, en bref de l’utilisation de l’environnement par l’ennemi. Les stagiaires ont donc naturellement bénéficié de plusieurs instructions dispensés par les EOD sur le risque IED et piège en zone urbaine. Ainsi le dernier des légionnaires connaît les risques de pièges dans le bâti, les techniques les plus fréquentes et les méthodes essentielles pour limiter les risques. Le dernier des légionnaires a ainsi la connaissance et la capacité pour limiter les risques de fonctionnement des pièges en zone de combat.

Mais sous le feu, c’est la composante effraction qui offre le plus d’intérêt. Effraction chaude à l’aide de charges explosives AD HOC ou effraction froide à l’aide de coupe-boulons, de bélier ou encore de pied de biche. Toute la semaine, de jour comme de nuit, les sapeurs ont utilisé tous ces outils jusqu’à les mettre en œuvre les yeux fermés. Après avoir mis en œuvre des effractions chaudes réelles, les stagiaires ont été entrainés à la mise en place des explosifs au sein du groupe d’infanterie. Charge en C, charge baton, charge à poche d’eau, charge linéaire au cordeau ; les sapeurs doivent toujours chercher à employer la charge qui aura le meilleur effet, et ne jamais oublier de faire mettre les combattants à l’abri !

Droit en enfer

Action de destruction par explosif, fouille de pièce, appui à la saisie d’un bâtiment, les principales qualités du génie en zone urbaine ont été condensées lors de la synthèse des deux dernières nuits.

Par binôme, après avoir reçu un ordre initial sommaire et restitué leur mission sur caisse à sable, les sapeurs se sont infiltrés jusqu’à un objectif à fouiller, avant de rompre le contact vers une mission de coup de main dans les ateliers du régiment. A l’issue de leur mission de destruction de véhicules, ils ont rejoint un trinôme d’infanterie sur le hangar « zone urbaine » du régiment pour offrir leur appui. Des techniques de vérification de non-pollution, jusqu’à l’effraction chaude, en passant par l’ISTC AZUR et l’incident SAN ; les stagiaires ont prouvé qu’ils maitrisaient les techniques au point de les restituer sans difficulté, malgré le froid et la fatigue. Par le sang-froid démontré lors de la manipulation des chaines explosives et l’agressivité lors du combat en zone urbaine, les Dragons ont prouvé la maîtrise des différentes techniques enseignées cette semaine.  

Après une préparation d’une semaine, ce stage de deux semaines a permis de former des sapeurs rompus aux techniques de combat en zone urbaine jusqu’au dernier légionnaire. Les titulaires du brevet sont prêts pour les combats de demain, à déceler les pièges pour protéger nos amis, et propulser l’ennemi tout droit en enfer[1].

 

[1] « Nous sommes des bâtisseurs, des guerriers / Tout autant des saboteurs / Il y a des mécréants qui n’ont pas cru aux sapeurs / Et nous les avons envoyé droit en enfer » - Hymne des sapeurs de combat américains


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